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"Et puis, le bouton s'ouvre et rend à la terre une minuscule goutte d'eau. Quelques heures, un jour ou deux, et l'arbre revêt son sublime manteau de fleurs.
Alors commence la silencieuse et très subtile fête de la narine.
Car à sa beauté, il faut ajouter ce parfum suave et insistant qui baigne l'entour et rend l'air vivant.
Cela tient du jasmin et de l'iris sans être ni l'un ni l'autre.
Cela cousinerait avec la vanille ou le foin sans en avoir le fond de poussière.
C'est limpide, fluide, frais et sensuel à la fois. Cela se répand dans la maison par toutes les baies,
accompaqne le vin du repas, baigne chaque geste et enveloppe les habitants dans leur sommeil.
Que l'orage menace, le ciel se plombe, et au milieu de cette fausse nuit, l'arbre semble irradier tout seul comme s'il avait emprisonné du soleil dans son
cœur. Et il répand toujours cette odeur de santé, qui est, au nez, ce que sa couleur est à
l'œil..."
Guy Bontempelli
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*Choix du lieu
de cueillette :
C’est le
premier point, et le plus important pour un bon début de ramassage du
Tilleul. Il faut pouvoir se sentir bien dans le lieu où l’on va
cueillir ;
Le choisir éloigné
de toute zone de pollution, bien sûr, mais quelquefois, un Tilleul non
loin d’une petite route très peu passagère est préférable à un
site chez un éleveur en agriculture biologique, où l’on est
accueilli par une meute de chiens,
où il faut passer une rangée de clôtures électrifiées, et où
le lisier s’écoule près des arbres !
*Choix de
l’arbre :
Il découle du
choix du lieu ; si l’on ressent une belle « ambiance
Tilleul » dans le lieu de cueillette que l’on s’est choisi,
c’est que les arbres également ont un beau port, équilibré, un
rayonnement qui va bien au-delà de leur couronne, qu’on les sent véritablement
« ancrés » dans leur environnement.
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*Choix de la
variété également :
Le « Bénivay »,
arbre à grandes bractées, facile à cueillir, est omniprésent. Mais
si l’on peut, lui préférer le « Verdale » qui reste plus
vert jaune après séchage et qui est très odorant, et certains
« Petits » (appellation indifférenciée pour des tilleuls
à bractées de petite taille, souvent sauvages), s’ils sont odorants.
Ces derniers ont cependant l’inconvénient d’être beaucoup plus
longs à cueillir !
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*Confirmation
par la parole des anciens :
A ce moment du
choix, il est primordial d’écouter les conseils des anciens,
qui connaissent la parcelle, ont taillé les tilleuls, les ont
cueillis (la plupart, d’ailleurs, ont arrêté cette activité
il y a seulement quelques années, et l’envie de transmettre
le savoir aux jeunes qui veulent bien écouter est très
vivace). On confirmera ainsi son choix, l’on apprendra que
celui-là, là-bas, il ne faut pas le cueillir, « il
fait le tabac » (il brunit au séchage) ou cet autre est
« rouillé » chaque année (résultat de l’attaque
de champignons sur les feuilles).
*Choix du
moment balsamique :
Les arbres
retenus (il faut quelquefois discuter âprement le prix de la
cueillette avec le propriétaire), il faut les surveiller pour
trouver le meilleur moment de cueillette de la bractée :
Si l’arbre
n’est plus qu’un bruissement d’abeilles, c’est un signe
infaillible…L’ensemble de l’arbre doit être en fleurs,
avec une petite proportion de boutons et pas de « boules »
(fruits). Commencer par le bas, la partie sud et l’extérieur
de l’arbre (la partie interne de l’arbre et le nord évoluant
moins vite).
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*Cueillette :
On utilise les
échelles traditionnelles en bois, où l’on accroche la « saquette »,
sac de grosse toile à ouverture cerclée de bois ou de fer. On verse à
mesure le contenu des saquettes sur de grands draps de toile disposés
à l’ombre. Certains cueilleurs coupent également des branchettes
pour d’autres, installés sous l’arbre. Les anciens cueillaient
jusqu’à 50 kgs frais par jour, ramassés à grosses poignées. Les
prix que nous proposons, beaucoup plus élevés, permettent un tri plus
sélectif éliminant au maximum les pointes brunies, les bractées trouées
ou tachées. Cette sélection à la cueillette entraîne, bien sûr, des
rendements beaucoup moins élevés ! Traditionnellement, la
cueillette une fois terminée, il ne devait plus rester une seule bractée
sur l’arbre...
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*Séchage :
La majorité
des cueilleurs actuels de Tilleul n’habite pas sur place, et
il faut donc trouver un séchoir de fortune, le plus souvent un
grenier aménagé ayant servi autrefois au séchage. A défaut
de mieux, les plantes sont disposées en couche mince, sur des
draps tendus sur des grillages. Le tout est aéré par des
ouvertures (une aide appréciable pour la circulation d’air
est l’utilisation de ventilateurs). Le séchage proprement dit
dure 2 à 3 jours ; il faut éviter les périodes
d’humidité en fin de séchage (fermer les ouvertures extérieures)
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*Stockage :
Dès
la fin du séchage, lorsque les bractées sont sèches mais encore
souples, il faut les stocker dans des cartons propres et neufs (à préférer
à des sacs, pour la facilité d’y mettre le Tilleul sans le briser ;
ranger avec des gestes amples et souples) en vue de l’expédition, et
fermer les cartons hermétiquement. En effet, l’ennemi N°1 du Tilleul
est la mite (teigne alimentaire) qui pond sur les fleurs, et dont les
larves, en se développant trois semaines à un mois et demi plus tard
(selon les conditions de chaleur et d’obscurité) mangent les fleurs ;
les dégâts : plantes agglomérées par des fils, trous dans les
bractées, et fleurs tombant au fond du sac. L’adulte (papillon) se
reproduit de nouveau et la deuxième infestation est beaucoup plus grave
si la première n’a pas été surveillée !
A cet égard,
la pratique ancestrale n’est pas la meilleure : nouer les coins
du drap pour faire une « bourrasse », et laisser cette
bourrasse entreposée à l’air libre dans le séchoir permet aux
parasites de pondre à loisir, et dessèche la bractée trop à fond :
lorsque l’on reprend le lot pour l’ensacher, il est contaminé, et
de plus beaucoup trop sec, donc les plantes se brisent, et les bractées
perdent leurs fleurs. Les anciens, à ce propos, stockaient le matin, à
la fraîche, après l’humidité de la nuit, et ce n’était pas
uniquement pour faire « prendre du poids » à leurs lots,
mais bien pour préserver la souplesse et l’intégralité de la plante !
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Lorsque la
saison du Tilleul est passée –et elle passe très vite, mais
l’on peut progressivement monter de la plaine vers la montagne
pour suivre la maturité des arbres et durer un peu plus- on peut
alors, si l’on a respecté tous les points de cette charte, se réjouir
les yeux et le nez de cette « manne d’or », bractées
intactes, belle couleur dorée, fleurs à bonne maturité, odeur
douce et miellée…et passer à la cueillette de la lavande,
proche dans l’espace et le temps.
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